Tolérance de l’administration pour la mise en œuvre de la facturation électronique

L’administration fiscale fera preuve de tolérance à l’égard des entreprises qui rencontreraient des difficultés lors de l’entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique au 1er septembre prochain.

Vous le savez, au 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille, devront être en mesure de recevoir des factures électroniques par le biais d’une plate-forme agréée (PA). À compter de cette même date, elles devront également, sauf exceptions, émettre des factures électroniques et transmettre des données à l’administration fiscale si elles emploient plus de 250 salariés. Les TPE/PME n’étant soumises à ces obligations d’émission et d’e-reporting qu’au 1er septembre 2027. À quelques semaines seulement de l’entrée en vigueur de cette réforme majeure, l’administration fiscale vient de publier, sur son site impots.gouv.fr, une foire aux questions visant à rassurer les entreprises concernées qui rencontreraient des difficultés techniques ou organisationnelles au démarrage. Et la tolérance sera de mise ! En effet, priorité est donnée à la continuité de l’activité économique. Ainsi, même si le calendrier de déploiement de la réforme est maintenu, l’administration indique qu’une facture reçue par un autre canal que celui électronique obligatoire (mail, PDF, facture papier…) ne devra pas être écartée. L’entreprise pourra donc la traiter et la payer. Point important, les sanctions ne seront pas appliquées de manière immédiate et automatique aux entreprises dès lors qu’elles pourront justifier, à partir d’éléments concrets, les démarches engagées pour se mettre en conformité avec la réforme.

En pratique : pour accéder au document de l’administration fiscale et découvrir les réponses aux principales questions que vous pourriez vous poser pour l’application de cette réforme (absence de PA, factures hors circuit électronique…), cliquez ici.

Article publié le 16 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : ijeab

Pas d’opposition à contrôle fiscal en cas d’envoi à une mauvaise adresse !

L’inertie du contribuable ne constitue pas une opposition à contrôle fiscal lorsque les courriers de l’administration fiscale ont été envoyés à une adresse différente de la dernière adresse que l’intéressé lui avait officiellement communiquée.

Lorsqu’un contrôle fiscal ne peut avoir lieu du fait du contribuable ou d’autres personnes, l’administration peut établir « d’office » le redressement et l’assortir d’une majoration de 100 %. Sachant que l’attitude passive du contribuable ne caractérise pas nécessairement une opposition à contrôle, comme l’illustre un récent contentieux.Dans cette affaire, une société civile immobilière (SCI) avait fait l’objet d’une vérification de comptabilité à l’issue de laquelle l’administration fiscale lui avait notifié un redressement de TVA, assorti de la majoration de 100 % pour opposition à contrôle fiscal, au motif que son inertie avait fait obstacle aux opérations de contrôle. En effet, l’administration avait relevé que les courriers (avis de vérification, mises en garde…) qu’elle avait adressés au siège social de la SCI, par pli recommandé, lui étaient revenus avec la mention « avisé non réclamé ». En outre, si un rendez-vous avait pu finalement être organisé avec le dirigeant de la société à la suite de l’envoi par lettre simple d’une copie de la première mise en garde, ce dernier ne s’y était pas présenté en raison de mesures de sécurité qui, d’après lui, l’avaient empêché d’accéder aux locaux de l’administration.Une opposition à contrôle fiscal que la société avait contestée dans la mesure où les courriers n’avaient pas été envoyés à la dernière adresse qu’elle avait officiellement communiquée à l’administration fiscale. En fait, seule la première mise en garde, envoyée en copie par lettre simple, avait été reçue par son dirigeant.Et le Conseil d’État vient de confirmer cette analyse. En effet, pour lui, en envoyant les courriers à la mauvaise adresse, l’opposition à contrôle fiscal ne pouvait pas être caractérisée.Conseil d’État, 17 avril 2026, n° 502713

Article publié le 15 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : 7IMJAGO

Création d’un conseil de la simplification pour les entreprises

Un conseil de la simplification pour les entreprises, chargé de donner un avis sur les projets de texte qui instaurent ou modifient des normes ayant un impact technique, administratif ou financier sur les entreprises, vient d’être instauré.

Un conseil de la simplification pour les entreprises vient d’être créé par la loi de simplification de la vie économique. Composé de représentants des grandes entreprises, des entreprises de taille intermédiaire, des petites et moyennes entreprises ainsi que des microentreprises, il sera chargé de réaliser des « tests entreprises », c’est-à-dire d’évaluer l’impact technique, administratif ou financier sur les entreprises des projets de loi, d’ordonnance et de décret, ainsi que des projets d’actes de l’Union européenne, instaurant ou modifiant des normes qui leur sont applicables. Pour tous ces projets de texte, le gouvernement devra recueillir son avis, à l’exception toutefois de ceux :
– qui portent sur les relations individuelles et collectives du travail, l’emploi et la formation professionnelle et qui relèvent du champ de la négociation nationale et interprofessionnelle ;
– pour lesquels une consultation obligatoire des organisations professionnelles représentatives au niveau national est déjà prévue.

À noter : le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat pourront également soumettre pour avis au conseil de la simplification pour les entreprises une proposition de loi (texte émanant de députés ou de sénateurs) ayant un impact technique, administratif ou financier sur les entreprises.

Le conseil de la simplification pour les entreprises disposera d’un délai de 5 semaines pour rendre son avis (15 jours, voire 3 jours, dans certains cas). Ses avis seront rendus publics. Espérons qu’il aura une réelle utilité et que ses avis seront suivis…

Art. 78, loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, JO du 27

Article publié le 11 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : DR

Litiges avec l’administration : le recours à la médiation encouragé !

En cas de différend avec l’administration, les entreprises pourront prochainement faire appel aux services d’un médiateur.

La récente loi de simplification de la vie économique prévoit la mise à disposition du public, et notamment des entreprises, des services d’un médiateur pour régler à l’amiable les différends qui pourraient exister entre elles et l’administration. Sachant que cette obligation s’impose à l’administration en général, mais pas aux collectivités territoriales, ni à leurs groupements.


Précision : les domaines et les conditions dans lesquels les entreprises pourront recourir à ce dispositif devront être précisés par un décret à paraître.

Point important : lorsque cette procédure de médiation sera mise en œuvre, les délais de recours contentieux seront interrompus et les délais de prescription suspendus. Il en est de même pour les médiations qui ont lieu devant le Défenseur des droits.Le dirigeant d’une entreprise en litige avec une administration pourra donc tenter de le régler à l’amiable sans craindre de perdre son droit d’agir ensuite devant le juge. À suivre…Art. 25, loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, JO du 27

Article publié le 10 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : Gajus – stock.adobe.com

Six cas d’usage dans lesquels l’IA peut aider les entreprises

Pour inciter les entreprises à intégrer l’intelligence artificielle dans leur fonctionnement, le site gouvernemental France Num présente six cas d’usage qui répondent à des problématiques concrètes quotidiennes.

Pour certaines entreprises, notamment les plus petites, l’intelligence artificielle (IA) paraît encore complexe à mettre en œuvre. Elles pensent qu’elle est réservée aux grandes entreprises ou aux spécialistes du numérique. Pourtant, les dirigeants qui l’utilisent d’ores et déjà en retirent de grands bénéfices, quels que soient la taille de leur entreprise et leur secteur d’activité, notamment pour répondre à des problématiques très concrètes de leur quotidien. Pour aider toutes les entreprises à mieux comprendre quels avantages elles peuvent retirer de l’IA, France Num s’est basée sur des retours d’expérience d’entreprises françaises pour identifier six grands cas d’usage intéressants.

Gagner du temps sur les tâches administratives

Parmi les situations présentées, France Num explique comment l’IA peut aider à produire certains contenus plus facilement, qu’il s’agisse de publications, de réponses aux avis clients… ou encore comment gagner du temps sur les tâches administratives, comme les devis, les appels d’offres, les rapports techniques, les courriers, les relances… Pour chaque cas d’usage, un renvoi est fait vers une fiche détaillée qui comporte des conseils et des ressources pour bien démarrer et des témoignages inspirants.

Pour en savoir plus : www.francenum.gouv.fr

Article publié le 09 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : theshooter – stock.adobe.com

Sécurité des données : des règles pour protéger son activité

Si le numérique offre des opportunités pour développer son entreprise, il peut également être source de risques pour la sécurité des données. La CNIL propose une fiche pour faire le point sur les recommandations incontournables à adopter.

Quels que soient leur taille et leur secteur d’activité, toutes les entreprises peuvent être victimes de risques liés à l’usage du numérique. Mais ces risques sont particulièrement prégnants dans les TPE/PME, lesquelles manquent souvent de moyens humains et matériels pour mettre en place des mesures de sécurité adéquates et peuvent parfois méconnaître les obligations légales en la matière et les interlocuteurs à solliciter. Elles sont également plus souvent la cible des cybercriminels, qui choisissent de préférence les attaques les plus simples à mettre en œuvre.

Adopter un gestionnaire de mots de passe

Pour aider les entreprises à anticiper ces risques, plusieurs actions, que la CNIL a listées dans une fiche, sont à mettre en place. Ces actions sont de nature à réduire les menaces sans générer un coût trop important ou demander de connaissances techniques. Elles consistent, par exemple, à adopter un gestionnaire de mots de passe, à installer des applications uniquement depuis les sites officiels ou encore à effectuer des sauvegardes, dont une « hors de la société », avec des tests de restauration régulièrement. La CNIL rappelle également qu’un diagnostic peut être demandé, gratuitement, à partir du site MesServices.cyber.gouv.fr.

Pour en savoir plus : www.cnil.fr

Article publié le 08 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : 7IMJAGO

Conservation des documents soumis à contrôle fiscal : 4 ans de plus !

Certains documents pouvant être contrôlés par l’administration fiscale doivent désormais être conservés par les entreprises pendant 10 ans, au lieu de 6 ans auparavant.

La loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales du 25 juin 2026 a allongé de 6 à 10 ans le délai de conservation de certains documents par les entreprises.

Les documents visés

Sont visés par ce nouveau délai les livres, les registres, les documents et les pièces sur lesquels peuvent porter les droits de communication, d’enquête et de contrôle de l’administration fiscale. Cette mesure s’applique également aux pièces justificatives relatives à des opérations ouvrant droit à une déduction de TVA.

En pratique : sont donc notamment concernés les documents comptables (grand livre, livre-journal…) et les factures.

Sont aussi visés les éléments (documents, informations, traitements informatiques…) constitutifs des contrôles internes mis en place par les entreprises afin d’établir une « piste d’audit fiable », ainsi que la documentation décrivant les modalités de réalisation de ces contrôles, pour les factures non sécurisées (factures papier, factures sans signature électronique ou message structuré…).

Rappel : la piste d’audit fiable doit permettre de reconstituer, dans un ordre chronologique, la totalité du process de facturation et de garantir le a entre la facture et l’opération réalisée.

L’entrée en vigueur

Cette mesure s’applique aux documents dont le délai de conservation expire après le 1er janvier 2027.

Illustration : une facture émise le 1er mars 2021 devait, jusqu’à présent, être conservée jusqu’au 1er mars 2027. Ce délai expirant après le 1er janvier 2027, la facture doit, désormais, être conservée jusqu’au 1er mars 2031. En revanche, une facture émise le 1er octobre 2020 doit être conservée jusqu’au 1er octobre 2026. Ce délai expirant avant le 1er janvier 2027, la facture n’est pas concernée par l’allongement du délai de conservation.

Art. 36, loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, JO du 26

Article publié le 07 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : ผดุงศักดิ์ กิจมานะทร – stock.adobe.com

Quoi de neuf pour la fiscalité des véhicules en 2026 ?

La loi de finances pour 2026 a apporté plusieurs modifications à la fiscalité des véhicules, notamment une hausse des tarifs de la taxe « polluants » susceptible de s’appliquer aux véhicules affectés à l’activité d’une entreprise.

La loi de finances pour 2026 a alourdi la taxe « polluants », l’une des deux taxes annuelles sur les véhicules affectés à l’activité des entreprises. En revanche, elle n’a finalement pas remis en cause l’exonération de malus au poids applicable sur l’immatriculation des véhicules électriques.

Les taxes sur les véhicules affectés à l’activité d’une entreprise

Les entreprises assujetties à la TVA peuvent être redevables de deux taxes annuelles au titre des véhicules de tourisme affectés à leur activité (ex-TVS) : une taxe sur les émissions de CO2 et une taxe sur les émissions de polluants atmosphériques. Ces taxes sont dues, pour la plupart des entreprises concernées, en janvier N+1 au titre des véhicules utilisés en N.

Précision : les entrepreneurs individuels ne sont, en principe, pas concernés par ces deux taxes, ni certaines associations (notamment celles qui poursuivent un objectif philosophique, religieux, politique, patriotique, civique ou syndical dont les véhicules sont affectés à leurs opérations exonérées de TVA).

À ce titre, mauvaise nouvelle, les tarifs de la taxe « polluants » augmentent pour 2026 et 2027.

Taxe sur les émissions de polluants atmosphériques
Catégorie d’émissions de polluants Tarif (en €)
2025 2026 2027
Catégorie E 0 0 0
Catégorie 1 100 130 160
Véhicules les plus polluants 500 650 800

À savoir : comme prévu par une loi de finances antérieure, la taxe sur les émissions de CO2 est également alourdie pour 2026 et 2027.

La taxe sur l’immatriculation

S’agissant, cette fois, du malus au poids, qui peut être dû lors de l’achat d’un véhicule de tourisme neuf, l’exonération totale est finalement maintenue pour tous les véhicules 100 % électriques, sans distinction selon leur empreinte carbone. Pour rappel, cette distinction devait entrer en vigueur le 1er  juillet 2026.

Précision : outre le malus au poids, un malus C02 peut également s’appliquer lorsque le véhicule est considéré comme polluant.

Un report pour les véhicules d’occasion

Le malus CO2 et le malus au poids peuvent concerner, selon des modalités spécifiques, certains véhicules d’occasion, notamment ceux achetés à l’étranger et importés en France, ainsi que les véhicules exonérés du fait de leurs caractéristiques (transport de marchandises, accessibilité en fauteuil roulant…) qui ont été transformés de sorte que l’exonération ne leur est plus applicable.À ce titre, la loi de finances pour 2025 avait prévu d’étendre l’application de ces malus à davantage de véhicules d’occasion initialement non taxés (véhicules d’au moins 8 places détenus par les sociétés totalement exonérés du fait des abattements, véhicules des personnes titulaires d’une carte d’invalidité…) à compter du 1er janvier 2026. Finalement, la loi de finances pour 2026 a reporté cette mesure au 1er janvier 2027.

Loi n° 2026-103 du 19 février 2026, JO du 20

Article publié le 07 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : DR

Tarification des IA : c’est quoi les tokens ?

Unité de mesure des services des IA, le token n’est pas défini de la même façon par tous les fournisseurs et son tarif change régulièrement. Une situation qui complique la vie des entreprises utilisatrices.

Depuis l’explosion des intelligences artificielles génératives en 2022, et leur intégration progressive dans les outils du quotidien, les entreprises de toutes tailles se tournent de plus en plus vers ces technologies pour optimiser leur fonctionnement. Et demain, le recours devrait être encore plus massif, certain estimant qu’à terme les entreprises consommeront de l’IA comme aujourd’hui elles consomment de l’énergie. Une tendance qui pose la question de la tarification des services des IA et donc celle des fameux tokens.

Qu’est-ce qu’un token ?

En intelligence artificielle, et plus spécifiquement dans le traitement du langage naturel (TLN), un token est la plus petite unité de texte qu’un modèle peut comprendre et manipuler. Ce n’est pas toujours une lettre ni un mot entier, et, pour couronner le tout, toutes les IA n’en ont pas la même définition. La « tokenisation », quant à elle, est le processus par lequel un texte est découpé en un certain nombre de ces unités. Sur ce point, les modèles d’IA modernes, comme ceux d’OpenAI, Google ou Anthropic, emploient des méthodes basées sur la tokenisation par sous-mots. Cela signifie qu’un mot comme « indéchiffrable », par exemple, pourrait être scindé en plusieurs tokens (« in », « déchiff », « rable ») par certains de ces modèles. Pourquoi cette granularité ? Elle permet aux IA de mieux gérer les mots qu’elles n’ont jamais rencontrés lors de leur entraînement (mots rares, néologismes), de réduire le volume de leur vocabulaire interne, et de s’adapter à des langues ayant des structures de mots différentes. Le revers de la médaille, c’est qu’une même phrase peut générer un nombre de tokens légèrement différent d’un modèle à l’autre, compliquant la comparaison tarifaire entre les IA. Sans parler du fait que certains fournisseurs, comme Google, ont décidé d’opter pour une facturation au nombre de caractères, rendant toute analyse comparative encore plus ardue.

Comment sont-ils tarifés ?

Le lien entre les tokens et le coût des services d’IA est direct. Les fournisseurs ont besoin d’une métrique quantifiable pour mesurer l’utilisation de leurs modèles et facturer en conséquence. Les tokens sont cette métrique. La facturation repose généralement sur deux types de tokens :
• Les tokens d’entrée (input tokens) : ce sont ceux que vous envoyez au modèle, c’est-à-dire votre requête, votre question ou le texte que l’IA doit analyser. Si vous demandez « Rédige une note de synthèse sur la réunion d’hier », le nombre de tokens dans cette phrase constitue vos tokens d’entrée.• Les tokens de sortie (output tokens) : ce sont les tokens générés par le modèle en réponse à votre demande. La note de synthèse produite sera mesurée en tokens de sortie. Il est courant que le coût par token de sortie soit légèrement supérieur à celui des tokens d’entrée. La raison est simple : la génération de texte est souvent plus gourmande en ressources de calcul que la simple analyse du texte d’entrée. Les prix varient considérablement d’un fournisseur à l’autre et d’un modèle à l’autre. Les modèles les plus performants et les plus récents (comme GPT-4 ou Claude 3 Opus) sont naturellement plus chers au token que leurs prédécesseurs ou leurs homologues plus petits et plus rapides (comme GPT-3.5 Turbo ou Claude 3 Haiku). Cette variabilité est aussi influencée par la « fenêtre de contexte » du modèle, c’est-à-dire le nombre maximal de tokens qu’il peut traiter simultanément. Une fenêtre plus large permet de gérer des documents plus longs, mais peut entraîner un coût supérieur. Le tableau comparatif suivant permet d’avoir une idée plus précise des tarifs pratiquées par ChatGPT, Gemini (Google), Claude et Mistral.

Tableau comparatif des prix pour les principaux modèles d’IA (par 1 000 unités en centimes d’euros)
Fournisseur – Modèle Prix d’entrée Prix de sortie Unité de mesure
OpenAI -GPT-4o 0,46 cts 1,38 cts Token
Google -Gemini 1.5 Pro 0,0115 cts 0,0345 cts Caractère
Anthropic -Claude 3 Opus 1,38 cts 6,90 cts Token
Mistral AI -Mistral Large 0,74 cts 2,21 cts Token
Note : ces prix sont des estimations converties en euros pour 1 000 tokens (fin juin 2026). Attention, encore une fois, Google ne facture pas en tokens mais en caractères.

Des entreprises dépendantes

Aujourd’hui, il n’existe pas de contrat garantissant des prix fixes et inchangés sur des période de plus d’un an. Les fournisseurs justifient cette flexibilité par l’innovation constante du secteur, la fluctuation des coûts des ressources (processeurs, énergie) et la nécessité de s’adapter rapidement au marché. Cette situation crée une incertitude budgétaire non négligeable. Une entreprise qui intègre une IA dans son processus critique (par exemple, un support client automatisé ou un outil de rédaction de fiches produits) se retrouve à la merci d’éventuelles augmentations tarifaires décidées unilatéralement par le fournisseur. Certes, les très grandes entreprises peuvent négocier des contrats sur mesure, incluant des tarifs préférentiels, des crédits d’utilisation ou des paliers de consommation garantis. Mais ces contrats « grand comptes », s’ils peuvent offrir une certaine stabilité, sont l’exception et ne concernent pas la majorité des PME et des TPE. De plus, même ces contrats n’offrent que rarement une garantie absolue contre toute fluctuation. Les fournisseurs s’engagent tout au plus à respecter un préavis (souvent 30, 60 ou 90 jours) avant toute modification tarifaire significative, laissant aux clients « le temps » de s’adapter ou de chercher des alternatives. Cette dépendance progressive, combinée à l’imprévisibilité des coûts sur le long terme, doit inciter les entreprises à effectuer une veille constante. Elles doivent non seulement régulièrement évaluer les performances des différentes IA, mais aussi surveiller de près leurs modèles de tarification pour ne pas se retrouver dans une trop grande situation d’incertitude tarifaire. Reste à espérer que l’émergence de modèles open source performants, ou la possibilité d’héberger des modèles en interne, pourra, à terme, offrir des voies de diversification pour réduire cette dépendance et mieux maîtriser les budgets et la durée de vie des modèles économiques.

Article publié le 06 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : DR

Arrêts de travail et indemnités journalières : du nouveau !

La durée des arrêts de travail prescrits ou prolongés à compter du 1 septembre 2026 sera en principe limitée à 31 ou 62 jours.

Dans le but de réduire les dépenses pesant sur l’Assurance maladie, en particulier les indemnités journalières versées aux salariés et aux travailleurs indépendants, les pouvoirs publics ont limité la durée des arrêts de travail. Plus encore, en cas de fraude avérée, les salariés pourront être privés des indemnités journalières complémentaires versées par leur employeur.

Arrêts de travail : une durée limitée

La durée des arrêts de travail prescrits ou prolongés à compter du 1er septembre 2026 par les médecins, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes, en raison d’une maladie ou d’un accident d’origine non professionnelle, sera limitée. En effet, cette durée ne pourra pas excéder :
– 31 jours pour une première prescription ;
– 62 jours pour une prescription de renouvellement.

Exception : les professionnels de santé pourront déroger à ces durées maximales en justifiant, sur la prescription, de la nécessité d’une durée plus longue au regard de la situation du patient (pathologie particulière et/ou nature de son activité professionnelle) en considération, lorsqu’elles existent, des recommandations établies par la Haute autorité de santé.

Plus d’indemnités complémentaires en cas de fraude

Les employeurs doivent, en principe, verser des indemnités journalières complémentaires aux salariés en arrêt de travail (quelle qu’en soit la cause) qui cumulent au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise (sauf disposition plus favorable de leur convention collective). Désormais, les employeurs qui sont informés, par une caisse d’assurance maladie, d’une fraude avérée d’un salarié visant à obtenir des indemnités journalières peuvent cesser de lui verser ces indemnités complémentaires. Enfin, les employeurs devront, le cas échéant, informer de cette fraude le régime de prévoyance complémentaire collectif instauré dans l’entreprise auquel le salarié est affilié. Les modalités pratiques liées à cette information devant encore être fixées par un décret.

En complément : les employeurs d’Alsace-Moselle qui sont contraints de maintenir la rémunération de leur salarié en arrêt de travail peuvent désormais, en principe, faire procéder à une contre-visite médicale.

Loi n° 2025-534 du 25 juin 2026, JO du 26Décret n° 2026-498 du 12 juin 2026, JO du 13

Article publié le 06 juillet 2026 – © Les Echos Publishing 2026 – Crédit photo : Pcess609