Les dispositifs qui étaient en suspens : ce qui a été décidé
Voici, mesure par mesure, le sort réservé par la loi de finances pour 2025 aux dispositifs que le gouvernement souhaitait reconduire rétroactivement.
Loc’Avantages : reconduit jusqu’en 2027
Ce dispositif, qui accorde une réduction d’impôt aux bailleurs acceptant de louer à un prix inférieur au marché à des locataires modestes (sous convention avec l’Anah), avait expiré fin 2024. La loi de finances 2025 l’a prolongé jusqu’au 31 décembre 2027, conformément à ce que le gouvernement avait annoncé. Les propriétaires qui avaient signé ou renouvelé une convention début 2025, pendant la période d’incertitude, ont pu être rassurés a posteriori.
Abattement départ en retraite du dirigeant : prorogé jusqu’en 2031
L’abattement fixe de 500 000 € applicable aux plus-values de cession de titres lors du départ en retraite du chef d’entreprise a été prorogé bien au-delà de ce qu’exigeait une simple reconduction annuelle. Il est désormais applicable jusqu’au 31 décembre 2031, offrant une visibilité de long terme aux dirigeants qui préparent leur transmission.
Crédit d’impôt innovation (CII) : prolongé mais raboté
Le CII, qui soutient les PME engagées dans la conception de prototypes ou d’installations pilotes de produits nouveaux, a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2027. En revanche, son taux a été ramené de 30 % à 20 % des dépenses éligibles, toujours dans la limite de 400 000 € par an. Le signal est clair : le soutien perdure, mais le coût budgétaire est maîtrisé.
Crédits d’impôt agricoles : reconduction assurée
Le crédit d’impôt pour les dépenses de remplacement lors des congés des exploitants agricoles et le crédit d’impôt HVE (haute valeur environnementale) ont bien été reconduits, conformément aux engagements du gouvernement. La loi de finances 2025 a également intégré les mesures de soutien à la transmission des exploitations en faveur des jeunes agriculteurs : relèvement des seuils d’exonération des plus-values, possibilité d’échelonner les cessions de parts sur six ans, et renforcement de l’abattement retraite de 500 000 € à 600 000 € lorsque la cession est réalisée au profit d’un jeune agriculteur. Concernant le gazole non routier, le tarif réduit d’accise a bien été maintenu à son niveau de 2023.
Zones franches urbaines et quartiers prioritaires : prorogation d’un an
Les avantages fiscaux liés aux ZFU-TE (zones franches urbaines – territoires entrepreneurs) et aux QPV (quartiers prioritaires de la politique de la ville) ont été prorogés, mais seulement jusqu’au 31 décembre 2025. Les BER (bassins d’emploi à redynamiser) ont quant à eux été prolongés jusqu’en 2027. Pour les ZFU-TE et QPV, la question de leur renouvellement se pose donc de nouveau dans le cadre du budget 2026.
Zones France ruralités revitalisation : correction du zonage
Le législateur a effectivement intégré dans le périmètre ZFRR les communes qui étaient classées en ZRR avant le 1er juillet 2024 mais qui avaient été exclues du nouveau zonage. Cette correction rétroactive a mis fin à une anomalie pénalisante pour les entreprises installées dans ces territoires ruraux.
Réduction d’impôt OGA : supprimée comme annoncé
Seule mesure allant dans le sens d’une restriction, la réduction d’impôt pour frais de tenue de comptabilité et d’adhésion à un organisme de gestion agréé (OGA) a bien été supprimée à compter des revenus 2025. Les contribuables en BIC, BNC ou BA qui en bénéficiaient (jusqu’à 915 € de réduction par an, soit les deux tiers des frais engagés) ne peuvent plus y prétendre. En compensation, ces frais sont désormais déductibles du résultat imposable, ce qui atténue partiellement la perte, surtout pour les contribuables dont le taux marginal d’imposition est élevé.