Impôt sur le revenu : ce qui change avec la loi de finances 2026

Impôt sur le revenu : ce qui change avec la loi de finances 2026
Déclaration de revenus posée sur une table à côté d'un ordinateur affichant un simulateur fiscal, avec une tasse de café et une calculatrice.

Le barème de l’impôt sur le revenu a de nouveau évolué. Après une revalorisation de 1,8 % pour les revenus 2024, la loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026, acte une hausse plus modeste de 0,9 % des tranches du barème applicable aux revenus de 2025.

Un compromis arraché au terme de débats parlementaires tendus, le gouvernement ayant initialement voulu geler le barème pour dégager 2 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Parallèlement, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), présentée comme temporaire en 2025, est reconduite. Voici le point complet pour préparer votre déclaration de printemps.

Le barème 2026 : une indexation a minima sur l’inflation

Le projet de loi de finances présenté en octobre 2025 par le gouvernement Lecornu prévoyait un gel intégral du barème. L’objectif affiché : contribuer au redressement des comptes publics. Un choix radical qui aurait mécaniquement fait entrer dans l’impôt environ 200 000 foyers supplémentaires et alourdi la facture de millions d’autres, du simple fait de l’érosion monétaire.

L’Assemblée nationale a rejeté cette option. Le Sénat a proposé un compromis en ne revalorisant que la première tranche. Finalement, le texte adopté via l’article 49.3 le 21 janvier 2026, puis promulgué le 19 février, retient une revalorisation de l’ensemble des tranches de 0,9 %, fruit d’un accord avec le groupe socialiste pour éviter une motion de censure.

Voici le barème applicable à vos revenus de 2025, que vous déclarerez au printemps 2026 :

Fraction du revenu imposable (par part) Taux
Jusqu’à 11 600 € 0 %
De 11 601 € à 29 579 € 11 %
De 29 580 € à 84 577 € 30 %
De 84 578 € à 181 917 € 41 %
Au-delà de 181 917 € 45 %

Comparaison avec le barème 2025 : des écarts modestes mais réels

Pour mesurer l’impact concret de la revalorisation, voici les deux barèmes côte à côte :

Taux Seuil 2025 (revenus 2024) Seuil 2026 (revenus 2025) Ecart
0 % 11 497 € 11 600 € + 103 €
11 % 29 315 € 29 579 € + 264 €
30 % 83 823 € 84 577 € + 754 €
41 % 180 294 € 181 917 € + 1 623 €

La revalorisation de 0,9 % est inférieure à celle de 2025 (1,8 %) car l’inflation a nettement ralenti. Pour un contribuable célibataire déclarant 30 000 € de salaire net imposable, l’économie est modeste : quelques dizaines d’euros par rapport à un gel total. Mais pour les foyers proches des seuils d’entrée dans l’impôt, cette indexation évite un basculement qui aurait pu représenter plusieurs centaines d’euros.

Quotient familial : le plafonnement légèrement relevé

Le plafonnement des effets du quotient familial suit la même logique de revalorisation. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, l’avantage maximal par demi-part supplémentaire est porté à 1 807 €, contre 1 791 € l’année précédente. Par quart de part, le plafond passe à 904 € (contre 896 €).

Ce mécanisme reste fondamental pour les familles : il garantit que la présence d’enfants à charge réduit l’impôt, mais dans une limite qui empêche les foyers très aisés de tirer un avantage disproportionné de leur nombre de parts.

Prélèvement à la source des couples : le taux individualisé est devenu la norme

La loi de finances 2025 avait prévu que le taux individualisé du prélèvement à la source deviendrait le mode par défaut pour les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune, à compter du 1er septembre 2025. Ce changement est désormais pleinement en vigueur.

Concrètement, chaque membre du couple se voit appliquer un taux de prélèvement qui tient compte de ses seuls revenus personnels, au lieu d’un taux unique calculé sur les revenus cumulés du foyer. L’objectif est d’éviter qu’un conjoint à revenus modestes soit prélevé à un taux artificiellement élevé du fait des revenus de l’autre.

Les couples qui préfèrent l’ancien système peuvent toujours demander l’application d’un taux commun en se rendant sur leur espace personnel impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». La bascule vers le taux individualisé n’a aucun effet sur le montant total d’impôt dû par le foyer : elle modifie uniquement la répartition du prélèvement entre les deux conjoints au fil de l’année.

Contribution différentielle sur les hauts revenus : du temporaire au durable

Lors de son adoption dans la loi de finances 2025, la CDHR était présentée comme un dispositif exceptionnel, limité aux seuls revenus de l’année 2025. Un an plus tard, la loi de finances 2026 la reconduit. Plus révélateur encore : le texte ne fixe plus de date de fin. La contribution restera en vigueur tant que le déficit public n’aura pas été ramené sous la barre des 3 % du PIB, objectif que les dernières prévisions ne situent pas avant 2028 au mieux.

Le principe reste le même : garantir que les contribuables les plus aisés acquittent une imposition effective d’au moins 20 % de leur revenu fiscal de référence (après retraitements). Sont visés les foyers dont le RFR retraité dépasse 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple. Un mécanisme de décote atténue l’effet de seuil pour les revenus proches de ces limites.

Pour mémoire, en 2025, les contribuables concernés devaient verser un acompte de 95 % de leur contribution estimée entre le 1er et le 15 décembre, sous peine d’une majoration de 20 %. Ce calendrier contraignant est reconduit pour les revenus 2026.

La décote : un filet de sécurité pour les petits contribuables

Le mécanisme de la décote, qui permet de réduire l’impôt des contribuables modestes, évolue également avec la revalorisation du barème. Pour 2026 (déclaration des revenus 2025), l’impôt brut ne doit pas dépasser 1 982 € pour un célibataire et 3 277 € pour un couple. Au-delà de ces seuils, la décote ne s’applique plus. Le montant forfaitaire de référence est fixé à 897 € pour une imposition individuelle et 1 483 € pour une imposition commune, diminué de 45,25 % de l’impôt brut.

Ce qu'il faut retenir pour votre déclaration du printemps 2026

Si vos revenus 2025 ont progressé au rythme de l’inflation (autour de 0,9 %), votre impôt 2026 devrait être sensiblement identique à celui de 2025 : la revalorisation du barème neutralise l’effet. Si vos revenus sont restés stables, vous bénéficierez d’une légère baisse. En revanche, si vos revenus ont augmenté nettement au-delà de l’inflation, la part excédentaire sera taxée normalement selon le barème progressif.

Attention : seuls les revenus soumis au barème progressif profitent de cette revalorisation. Les revenus soumis à la flat tax (12,8 % sur les revenus financiers et plus-values mobilières) ou au prélèvement forfaitaire sur les plus-values immobilières (19 %) ne sont pas concernés.

Le simulateur officiel de calcul de l’impôt 2026 sur les revenus 2025 est d’ores et déjà disponible sur le site impots.gouv.fr pour vérifier votre situation avant la campagne déclarative.