Barème des frais de carburant 2025 : nouveaux tarifs au kilomètre et impact sur votre déclaration

Barème des frais de carburant 2025 : nouveaux tarifs au kilomètre et impact sur votre déclaration
professionnel faisant le plein de carburant dans une station-service, avec un panneau de prix visible en arrière-plan.

L’administration fiscale a publié le 18 février 2026 les barèmes forfaitaires des frais de carburant applicables aux dépenses engagées en 2025.

Résultat : une baisse généralisée des montants au kilomètre par rapport à 2024, aussi bien pour le gazole que pour le super sans plomb et le GPL. Ces barèmes servent à la prochaine déclaration de résultats des exploitants individuels, mais peuvent aussi être utilisés par les salariés optant pour les frais réels. Décryptage complet, avec comparatif 2024/2025 et exemples chiffrés.

A quoi sert le barème des frais de carburant ?

Ce barème, distinct du barème kilométrique classique, fixe un coût au kilomètre qui ne couvre que la dépense de carburant. Il ne prend en compte ni l’assurance, ni l’entretien, ni l’usure du véhicule. Ces charges complémentaires restent déductibles séparément, sur présentation de justificatifs, au prorata de l’usage professionnel.

Le barème reflète mécaniquement l’évolution des prix moyens des carburants constatés sur l’année écoulée. En 2025, la relative stabilité des cours du pétrole et le reflux partiel des prix à la pompe par rapport aux pics de 2022-2023 expliquent la tendance baissière observée.

Qui peut utiliser ce barème ?

Ce dispositif s’adresse à plusieurs catégories de contribuables, à condition que le véhicule ait un usage mixte (personnel et professionnel). Les véhicules affectés exclusivement à l’activité (utilitaires, tracteurs) ne sont pas concernés par ces barèmes forfaitaires.

Peuvent l’utiliser les exploitants individuels relevant des BIC ou des BA soumis au régime simplifié d’imposition et tenant une comptabilité super-simplifiée, ainsi que les sociétés civiles de moyens (SCM) dans les mêmes conditions. Le barème est également accessible aux professionnels libéraux en BNC pour les véhicules pris en location ou en crédit-bail (lorsque les loyers sont déduits), aux salariés en frais réels qui ne souhaitent pas recourir au barème kilométrique global, et aux associés de sociétés de personnes exerçant leur activité professionnelle dans la société, pour leurs trajets domicile-travail.

Le barème auto 2025 : les montants par kilomètre

Puissance fiscale Gazole Super sans plomb GPL
3 et 4 CV 0,089 € 0,113 € 0,072 €
5 à 7 CV 0,110 € 0,139 € 0,089 €
8 et 9 CV 0,131 € 0,165 € 0,106 €
10 et 11 CV 0,148 € 0,187 € 0,120 €
12 CV et plus 0,165 € 0,208 € 0,133 €

Le barème deux-roues 2025

Cylindrée / Puissance Frais de carburant au km
Inférieure à 50 cc 0,037 €
De 50 cc à 125 cc 0,074 €
3 à 5 CV 0,095 €
Au-delà de 5 CV 0,131 €

La baisse est uniforme : entre 4 % et 5,5 % selon les catégories pour le gazole et le super sans plomb. Le GPL recule également, dans une proportion voisine de 2 à 3 %. Pour le barème deux-roues, la tendance est identique : les montants s’inscrivent en léger repli (0,037 € contre 0,038 € pour les moins de 50 cc, 0,074 € contre 0,078 € pour les 50-125 cc).

Exemple chiffré : l’impact pour un artisan roulant 15 000 km par an

Prenons le cas d’un artisan plombier, exploitant individuel en BIC, qui utilise sa voiture personnelle (6 CV, diesel) pour se rendre chez ses clients. Il parcourt 15 000 km professionnels par an.

Avec le barème 2024 : 15 000 x 0,116 = 1 740 € de frais de carburant déductibles.

Avec le barème 2025 : 15 000 x 0,110 = 1 650 € de frais de carburant déductibles.

La différence est de 90 € sur l’année. A un taux marginal de 30 %, cela représente environ 27 € d’impôt supplémentaire. L’impact reste modéré, mais il s’ajoute à l’ensemble des ajustements de barèmes qui, cumulés, peuvent peser sur le résultat des petits exploitants.

Les obligations selon le statut de l’entreprise

Il est important de ne pas confondre ces deux outils. Le barème kilométrique, publié par arrêté, est un forfait global qui couvre l’ensemble des frais liés au véhicule (carburant, assurance, entretien, dépréciation). Il est réservé aux salariés en frais réels et aux titulaires de BNC. A noter que ce barème kilométrique est gelé depuis 2023 : il n’a pas été revalorisé pour 2024 ni pour 2025.

Le barème carburant (barème BIC), lui, ne couvre que le poste carburant. Il est moins avantageux en apparence, mais il autorise la déduction séparée des autres frais sur justificatifs, ce qui peut se révéler plus intéressant pour un professionnel dont le véhicule engendre des coûts d’entretien élevés ou dont l’assurance professionnelle est onéreuse.

Pour les exploitants en BIC et en BA en comptabilité super-simplifiée, seul le barème carburant est utilisable. Le barème kilométrique leur est interdit. En revanche, les salariés en frais réels ont le choix entre les deux, et tout l’intérêt est de comparer les résultats avant de se décider.

Les points de vigilance pour votre déclaration

L’exploitant ou le salarié doit impérativement pouvoir justifier du kilométrage professionnel parcouru. Un simple relevé du compteur en début et en fin d’année ne suffit pas : l’administration attend un suivi précis des déplacements (agenda, carnet de bord, relevés de tournées). Ces pièces n’ont pas à être jointes à la déclaration, mais doivent être conservées pendant au moins trois ans en cas de contrôle.

Le montant total déduit via le barème carburant est par ailleurs plafonné : il ne peut excéder ce que donnerait le barème kilométrique appliqué à la même distance pour un véhicule de 7 CV (puissance maximale retenue par le barème kilométrique auto).

Enfin, rappelons que les véhicules électriques ne figurent pas dans ce barème, puisqu’ils ne consomment ni gazole, ni essence, ni GPL. Les frais d’énergie d’un véhicule électrique professionnel doivent être déduits sur la base des dépenses réelles (factures de recharge).

Sources

BOI-BAREME-000003, actualité du 18 février 2026 (BOFiP)